★ Édito du curé

Tribune de Mgr de GERMAY, Archevêque de Lyon

Tribune de Mgr de GERMAY, Archevêque de Lyon

            Au lendemain du déchaînement de violences qui a eu lieu un peu partout en France ce samedi 17 octobre, la priorité est de soigner ceux qui ont été blessés — physiquement ou psychologiquement —, d’accompagner ceux qui ont perdu leur outil de travail, de sécuriser les bâtiments qui ont été endommagés, brûlés ou détruits et d’effacer, là où c’est possible, les stigmates de cette journée dramatique. 

            Mais il faut bien aussi s’interroger sur les raisons pour lesquelles une manifestation qui en soi était légitime, a tourné à un tel désastre…

            La fin d’un système. Je voudrais, quant à moi, m’efforcer de prendre un peu de recul vis-à-vis de cet événement qui, loin d’être un épiphénomène, s’inscrit dans une lente et progressive dégradation de la cohésion sociale. 

Une société basée sur la consommation et l’individualisme porte en elle les germes de sa propre destruction.

            …

            Les germes de la destruction. Selon moi, une société basée sur la consommation et l’individualisme porte en elle les germes de sa propre destruction. Non seulement parce qu’elle génère des inégalités toujours plus grandes, avec les frustrations qui les accompagnent, mais surtout parce qu’elle ferme la porte de l’espérance…

            La vision donnée par certains médias de la société est passée par le prisme déformant d’une recherche de sensationnel, de polémiques et de violences.

…        En soi, les insatisfactions ne sont pas forcément un problème, elles peuvent même motiver un bel engagement au service du bien commun. La difficulté aujourd'hui, c’est qu’en étant ancrées dans une vision matérialiste de l’existence, ces insatisfactions ne sont pas prises dans le mouvement d’une espérance ; comme si l’horizon de notre société était bouché. 

            Une époque charnière ? Cela dit, il ne faudrait pas trop noircir le tableau… il y a aussi de belles choses qui se vivent aujourd'hui, en particulier chez les jeunes. Ceux-là mêmes qui peuvent être tentés par la violence, sont aussi capables de solidarité et de fraternité. Sous l’apparence et les codes d’une culture du non-sens, se cachent une quête de sens et une immense soif de bonheur. 

Nous avons besoin de la lumière de Dieu le Père pour comprendre que nous sommes frères et sœurs, faits pour nous aimer les uns les autres.

… Peut-être nos contemporains sont-ils en train de réaliser que notre société ne pourra pas trouver en elle-même la source de son unité et de son espérance et qu’il est temps de se tourner vers Dieu.  

            Une soif de Dieu qui s’ignore.

…Nous avons besoin de la lumière de Dieu pour vaincre la part de violence et d’égoïsme qui est en nous, pour passer de la loi du plus fort à l’attention au plus fragile, pour trouver en Lui la source de notre unité, et pour œuvrer ensemble à la construction d’un monde plus juste. 

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