Ne pas perdre son âme !
Soyez sans crainte. N’ayez pas peur ! Jésus nous le dit sans cesse, Il le répète toujours, tout le long de sa vie, tout le long de l’Evangile.
Dès sa venue dans le monde par l’ange Gabriel à la Vierge Marie : Sois sans crainte tu as trouvé grâce auprès de Dieu ; les anges disent aux bergers, en pleine nuit : N’ayez pas peur ! Aux apôtres, sur le lac, dans la tempête, Jésus déclare : Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! et enfin aux femmes le matin de Pâques : Soyez sans crainte !
L’Evangile est une bonne nouvelle qui chasse toute peur ; il y a une raison à cela, c’est la lumière qu’apporte Jésus : rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Jésus nous invite à préférer la lumière plutôt que de mettre la poussière sous le tapis.
Parfois nous faisons des bêtises et nous aimerions que personne ne le sache… il n’y a pourtant qu’une seule solution pour trouver la paix : nous accuser nous-même et réparer. Jésus veut que nous soyons libres et tranquilles dans notre cœur. Nous serons tranquilles si nous reconnaissons ce que nous avons fait ; nous serons encore plus tranquilles si nous n’avons rien à cacher ; et, nous serons très tranquilles si nous faisons toujours tout en pleine lumière.
Jésus n’a pas eu peur d’annoncer la vérité, de dénoncer l’hypocrisie, de défendre les droits de Dieu et la dignité des pauvres, des petits ou des pécheurs, d’affirmer son identité de Fils de Dieu Sauveur. Ses ennemis ont voulu le faire taire, et pour cela le supprimer, mais ça n’a pas marché ! Ils ont atteint son corps en le crucifiant mais ils n’ont pu tuer son âme. Jésus l’a remise entre les mains de son Père : Père, en tes mains je remets mon esprit.
Nous aussi, comme disciples de Jésus, nous vivons ainsi : sous le regard de notre Père du Ciel et dans ses mains. Nous pouvons remettre dans ses mains tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons, tout ce qui habite notre cœur. Et, si parfois, nous nous trompons, et si parfois nous nous égarons, c’est encore auprès de Lui que nous irons pour recevoir son pardon. En demandant pardon, en recevant le pardon de Dieu nous venons à la lumière, et notre coeur qui avait choisi un moment les ténèbres se trouve illuminé par l’amour miséricordieux de Dieu.
Cacher, enfouir les choses, c’est porter un poids qui nous écrase ou qui nous rend prisonnier. Jésus est venu libérer nos âmes, le fond de notre cœur.
L’âme est ce qui nous anime ; c’est le sens de notre vie. Nous ne devons pas perdre notre âme. Elle ne doit pas devenir morte, et encore moins pour l’éternité, car notre âme peut mourir. Elle meurt quand l’alliance avec Dieu est rompue, quand nous ne vivons pas selon la Parole de Dieu, parce que celle-ci est une Parole de Vie, ou quand nous perdons le sens de notre humanité.
Dans l’encyclique Magnifique Humanité, il y a un paragraphe qui s’intitule « ce que nous ne pouvons pas perdre. » C’est la question que le pape Léon XIV a placée au cœur du débat. Le danger ultime, selon lui, n’est pas que les machines deviennent trop humaines, mais que les êtres humains oublient les dons uniques qui les distinguent : la responsabilité morale, la sagesse, l’émerveillement et la capacité de reconnaître la vérité, la beauté et la dignité de chaque personne. Perde son âme, non ! « Que signifie préserver l’humain ? Le risque… est que le paradigme technocratique… fasse passer pour juste et normale une vision anti-humaine, selon laquelle la plénitude de la vie consisterait à avoir plus, à réduire la fragilité, à éliminer l’imprévu, à contrôler chaque chose. Lorsque l’efficacité devient la mesure de la valeur, l’être humain est tenté de se considérer comme un projet à optimiser plutôt que comme une créature appelée à la relation et à la communion. » 112 C’est la grande différence entre aimer et utiliser. Nous sommes faits pour la relation et la communion… pour vivre avec Dieu et avec les autres, pas seulement à côté ou loin. Dieu ne se fait jamais lointain, Il s’approche toujours de nous, Il veut demeurer avec nous et même en nous.
Nous ne devons pas absolutiser l’intelligence (l’IA), nous avons une intelligence mais aussi « d’autres dimensions essentielles de la vie : l’affection, la volonté, le dévouement ou la relation. Le pouvoir technique, s’il n’est pas équilibré, ne nous rend pas plus capables : il nous rend plus seuls, et plus exposés aux logiques de domination et d’exclusion. Il ne s’agit certainement pas de s’opposer à l’intelligence, mais de rappeler que celle-ci, lorsqu’elle se replie sur elle-même, oublie qu’elle est faite pour servir la vie et la personne humaine. » 113
N’ayons pas peur de nous approcher du Seigneur. N’ayons pas peur de vivre selon la vérité. N’ayons pas peur de venir et de rester à la lumière. Ayons peur de perdre notre âme ! Mais nous ne la perdons pas si nous vivons de Dieu, par Lui et avec Lui en toutes choses.
Abbé Pierre PEYRET