Saint Vincent

Dieu nous appelle ; Il nous appelle à la vie, Il nous appelle au bonheur. C’est ainsi qu’il faut entendre la dernière phrase de l’Evangile de ce Dimanche : Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. Les vignerons savent que la conversion est chose bonne, et délicate quand il s’agit de changer du jus de raisin en vin : c’est une transformation qui prend du temps et qu’il faut apprendre à maîtriser. N’est pas maître en la matière qui veut ! il en va de même quand il s’agit des hommes, de notre vie. Nous sommes invités à devenir meilleur, chaque jour, comme le bon vin qui vieillit bien.
Saint Paul en est un bon exemple (il est sous nos yeux aujourd’hui, puisque le 25 Janvier est la fête de sa conversion). Saint Paul n’a pas bien commencé mais il a bien terminé. Il n’a pas bien commencé parce qu’il ne suivait que son idée personnelle, persuadé qu’il détenait la vérité. Il savait que Dieu existait, il vivait en bon juif mais tout a changé ce jour où, se rendant à Damas pour arrêter et jeter en prison les chrétiens, Jésus ressuscité se présenta à Lui, l’éclaira en l’éblouissant de sa lumière, la lumière de l’Evangile, la lumière de la vérité, et en fit l’intrépide disciple missionnaire que nous connaissons. Désormais il sera fidèle à Jésus et à l’Evangile, cherchant à répondre à l’amour infini que le Seigneur lui avait porté et nous porte à nous aussi. Saint Paul nous dit que c’est notre attachement à Jésus-Christ qui compte, notre fidélité à sa Parole, dans l’Eglise qui est son Corps. Il n’a pas découvert la vérité dans sa propre science mais dans l’Evangile, la Bonne Nouvelle vivante en Jésus. Rien n’est plus important que la relation vivante avec Jésus Fils de Dieu, de Lui être uni. Jésus nous fait sortir de nos idées trop subjectives, de notre confort souvent égoïste, de la mentalité si peu ouverte à la vie.
Pour dire cette fidélité, cette union, Jésus a pris l’image de la Vigne : Il est la Vigne, nous sommes les sarments ; le sarment ne peut porter du fruit que s’il est intimement uni au cep. La foi chrétienne n’est pas un discours ; il y a un enseignement que nous devons approfondir avec notre intelligence, mais cela ne suffit pas parce que la réalité est plus que l’idée. Si le vigneron ne va pas à la vigne pour la travailler, s’il ne rentre pas « en communion » avec elle, rien n’en sortira.
Trois liens nous unissent à Jésus, trois liens à cultiver, à faire grandir, à entretenir : la foi tout entière, les sacrements reçus fidèlement et la communion avec le Pape qui gouverne au nom du Christ l’Eglise universelle. La conversion à laquelle Jésus nous invite est un appel à vivre ces trois liens, à les développer. Il ne suffit pas de dire je crois car la foi a quatre dimensions que nous n’aurons jamais fini de vivre, tout comme le vigneron doit chaque année recommencer la taille, le travail du sol, les traitements, le palissage… La conversion nous invite à travailler notre foi, à la cultiver, à la vivre.
La foi est connaissance de la Révélation, de ce que Dieu nous a dit et nous dit encore aujourd’hui, fréquentation de sa Parole, des vérités éternelles. Parfois les personnes disent « Je ne suis pas croyant » mais ne serait-ce pas plutôt « Je ne connais pas » ? Comme saint Paul qui croyait savoir mais qui en fait se trompait et ne connaissait pas Jésus en vérité.
Dieu ne reste pas loin de nous : la foi est célébrée dans les sacrements, dons de Dieu, présence agissante de sa part, manifestation continue de son amour pour nous jusqu’au sacrifice de sa vie.
Saint Vincent nous rappelle la troisième dimension de la foi : il a servi, il a vécu cette union à Jésus jusqu’au martyre, jusqu’au don de sa vie. La foi n’est vivante et réelle que si elle est vécue dans le concret de la vie, jour après jour, fidèle aux commandements de Dieu, aux paroles de Jésus enseignées par l’Eglise à qui Il a confié cette mission. Aux vignerons Saint Vincent offre son patronage dans leur travail ardu, patient et persévérant. Il n’y a pas toujours les fruits attendus et correspondants au labeur effectué ; la confiance, la prudence et la solidarité sont alors plus que jamais nécessaires. Face à l’épreuve Saint Vincent n’a pas renoncé, il est resté fidèle, c’est un exemple pour nous.
L’Evangile de ce dimanche nous invite nous aussi à la joie et au bonheur de la rencontre avec Dieu. Se convertir, c’est se tourner sans cesse vers Dieu, le vrai Dieu qui se rend présent réellement, vraiment et substantiellement. Dieu ne fait jamais semblant, Il nous aime en grand ! Soyons Lui unis comme la vigne et le sarment. Et, s’Il doit nous tailler, laissons-Le faire : c’est pour notre bien.
Abbé Pierre Peyret

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