But !

Nous continuons d’accompagner Jésus au désert, et de créer cette espace où nous pouvons rencontrer Dieu, vivre de Lui, et aujourd’hui nous sommes sur la montagne avec Lui. Nous aussi Il nous emmène parce qu’il veut fortifier notre espérance. C’est comme un doigt de miel, un instant de bonheur suprême, que Jésus donne à ses trois apôtres : celui qui devra vaincre la peur pour ne plus renier Jésus ; celui qui le premier donnera sa vie comme martyr ; et celui qui se tiendra fidèle, debout, au pied de la croix, sans faiblir, sans abandonner Jésus au moment de l’épreuve. Jésus leur donne de voir ce qui sera la victoire, la gloire de la Résurrection. Le carême nous invite à progresser de jour en jour, sans crainte, sans perdre de vue la lumière que nos ténèbres ne peuvent arrêter.
Au moment de la Transfiguration, Saint Pierre a vécu un grand moment de joie, un vrai bonheur ; il en parlera dans une de ses lettres : nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ… pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur… quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. Mais c’était sur la terre, et sur la terre il n’est pas possible de rester tranquille dans une tente ! Il a fallu redescendre de la montagne. C’est une tentation de vouloir rester bien tranquille : ça peut-être de s’enfermer dans sa chambre, de rester dans un entre soi, de s’isoler ou de former un ghetto.
Quel est l’horizon de notre vie ?
C’est le propre de la vertu d’espérance de voir au-delà, comme en avance. Ce qu’on possède, on ne l’espère pas. Nous n’espérons pas venir à la Sainte Messe, nous y sommes. Pour ce qui me concerne, je n’espère pas devenir prêtre, je le suis. Nous espérons ce que nous ne voyons pas encore, ce qui n’est pas encore advenu. L’espérance se manifeste tout particulièrement dans la patience et la persévérance.
Elle s’appuie sur la toute-puissance de Dieu qui veut pour nous notre bonheur, pas un bonheur passager, éphémère, sans suite, mais la béatitude éternelle, et sur la certitude que Dieu nous donne les moyens nécessaires pour l’obtenir.
L’espérance nous fait désirer comme notre bonheur le Royaume des cieux et la vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit (CEC 1817).
Notre horizon, l’horizon de notre vie, n’est pas un horizon fermé, bouché par un mur ou la mort. Il est dangereux d’avoir la mort pour horizon : c’est désespérant ! Nous ne devons pas viser bas, car Dieu est le bien le plus grand, celui pour lequel nous sommes faits.
L’espérance nous fait voir grand pour la vie des hommes. Ce bien est au-dessus de nos forces, ainsi on ne peut espérer que de Dieu de l’obtenir. L’espérance repose sur la certitude de l’amour de Dieu pour nous : ce qui donne raison à notre espérance, c’est la fidélité et la bonté de Dieu, son secours.
Nous devons apprendre à espérer et même, comme le dit Saint Paul, espérer contre toute espérance. Le siège de l’espérance est la volonté ; vouloir ce que Dieu veut, le vouloir avec Lui, vouloir autant que Lui. Ce qui compte est notre fidélité. En redescendant de la montagne les 3 apôtres n’ont qu’une seule consigne : Ecoutez-Le ! Notre espérance repose sur notre fidélité à la Parole de Dieu. Elle ne repose pas sur nos certitudes personnelles, nos découvertes, la technique ou notre sentiment.
Nous faisons un acte d’espérance toutes les fois où il est nécessaire de réclamer l’aide de Dieu. Il nous aide à ne pas nous décourager : nous savons qu’avec Lui nous parviendrons au but, même si nous sommes limités, faibles, fragiles, malades… pourvu que nous fassions simplement ce qui dépend de nous et que nous comptions sur la grâce de Dieu. Le drame, c’est de trop compter sur nos propres forces et pas assez sur Dieu, ou bien de ne pas faire le petit pas qui dépend de nous et que Dieu ne peut pas faire à notre place. Une maman peut porter la cuillère de nourriture à la bouche de son enfant mais si l’enfant reste les dents serrés…
Demandons au Seigneur d’avoir un regard d’espérance sur les autres, de voir en eux le bien, le meilleur qu’ils peuvent devenir. Notre espérance s’enracine dans le Christ ressuscité, notre foi en Lui. Accompagnons-Le toujours sur la montagne dans la prière, dans l’écoute de sa Parole, dans sa Présence eucharistique et notre espérance en sera fortifiée. L’eucharistie que nous célébrons ensemble est un moment de bonheur avec Jésus, à nous aussi Il donne un doigt de miel : sa présence.
Abbé Pierre Peyret

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