C’est Lui qui sauvera son Peuple de ses péchés. Depuis le début de l’Avent nous nous laissons revêtir de Jésus-Christ, former à son image pour devenir enfants de Dieu, nous voulons vivre selon notre dignité fondamentale et, ce que nous voulons pour nous-mêmes, nous le voulons aussi pour les autres en posant sur chacun ce regard qui le reconnaît comme un frère, le même regard que Dieu pose sur chacun de nous.
En associant Joseph à la venue du Fils de Dieu, l’ange lui révèle la raison, le but de son incarnation : Dieu se fait homme pour notre salut et ce salut passe par la libération de nos péchés. Il est beau de voir que Joseph ne veut pas en commettre. Il est pris au dépourvu, il ne sait pas que faire mais il ne veut surtout pas accuser faussement Marie. Dès qu’il connaît la volonté de Dieu, il la réalise sans attendre. En lui, pas d’orgueil mais une obéissance entière. Il avait un projet mais il y renonce parce que le projet de Dieu vaut mieux que le sien. C’est quand nous comptons trop sur nous-même que nous péchons.
Le péché entrave la route de l’homme vers Dieu, nous détourne de notre vocation et défigure le visage de Dieu inscrit en nous. Il nous fait passer à côté du bonheur, à côté de la Vie. Mais Dieu vient nous redire notre valeur, la valeur de notre être ; Il ne nous abandonne pas à la laideur du mal. Dieu donne la Vie et Il la redonne quand nous l’avons perdue.
Si nous sommes malades, le médecin cherche la cause, il nomme la maladie et il la traite. Pour être sauvé du péché, il faut nommer celui-ci et le traiter, il n’est pas question de pactiser avec lui, de le rendre tolérable. Le péché n’est pas assimilable, il désagrège, divise et détruit celui qui en est atteint ; il désagrège et détruit aussi les relations, avec les autres et d’abord avec Dieu.
Le péché est indigne de l’homme, il ne respecte pas notre dignité d’enfant de Dieu. Les violations graves de la dignité humaine ne manquent pas malheureusement. « Pour signaler quelques-unes des nombreuses et graves violations de la dignité humaine dans le monde contemporain, nous pouvons rappeler ce que le Concile Vatican II a enseigné à cet égard. Il faut reconnaître que s’oppose à la dignité humaine « tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie…, « tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques. ». Et finalement « tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes. » D.I.
Dieu Lui-même vient sauver son Peuple, Il sauve l’homme, Il le sauve du mal, Il ne sauve pas le mal ; le mal reste mal. Il y a des actes qui seront toujours mauvais en eux-mêmes, intrinsèquement mauvais, même une bonne intention ne les rendra pas justes et bons. Aider un pauvre est une bonne intention mais vous ne serez pas d’accord si pour l’aider je vole votre portefeuille : vous aurez raison. Je ne peux pas délibérément faire un mal en vue d’un bien. La fin ne justifie pas les moyens, ne les rend pas juste s’ils sont mauvais.
Dans certains cas un moindre mal peut être toléré pour éviter un mal plus grand mais cela ne vaut pas pour les actes intrinsèquement mauvais, je ne peux jamais les choisir comme une solution acceptable. Je peux ainsi donner un médicament qui a un effet secondaire indésirable à condition que cet effet soit proportionné au bien apporté par le médicament, mais je ne peux jamais donner la mort.
L’intention est bonne quand elle s’oriente vers le vrai bien de la personne en vue de sa fin ultime. Dieu est notre fin ultime. Chaque étape, chaque décision doit nous conduire à Lui. Mais les actes dont l’objet « ne peut être ordonné » à Dieu ou dont le contenu est « indigne de la personne humaine » s’opposent toujours et dans tous les cas au vrai bien. Aucune exception n’est possible, ces actes seront toujours gravement mauvais, rien ne peut les excuser. Il peut y avoir des circonstances atténuantes mais la gravité demeure.
Dans chaque messe Jésus nous montre le chemin et nous invite à un examen : où en suis-je de mon alliance avec Lui ?
Abbé Pierre PEYRET