Servir la vie pour ne pas la tuer.

« Je n’ai pas tué, je n’ai pas volé » mais ai-je servi la vie ? L’ai-je respectée ? accueillie ? reconnue ? aidée ou sauvée ?

La parabole du riche et de Lazare est une belle illustration de la phrase de Jésus quand Il dit : Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir.  

Tout le monde connaît le cinquième commandement : Tu ne tueras pas. Et, peut-être, pensons-nous, tant que je ne tire sur personne avec une arme, c’est bon ! je n’ai pas tué, et j’en suis quitte pour le cinquième commandement. Mais il ne suffit pas de ne pas faire le mal, il faut aussi faire le bien ; et, s’il y a des péchés par action, il y a aussi des péchés par omission.

La parabole vient réveiller la conscience endormie ou satisfaite. Dieu prend soin de notre vie, de toute vie, de toute la vie, et Il désire que nous en fassions autant.

Jésus souligne les contrastes et les met en relief : le contraste entre la vie fastueuse du riche et celle misérable de Lazare, entre l’abondance de biens sur la table de la maison et le dénuement à sa porte. Le riche n’avait pas grand-chose à faire pour secourir Lazare…

Il existe pourtant un contraste plus grand : le pauvre a un nom mais le riche est anonyme, nous ne savons pas qui il est, nous savons simplement qu’il possède des richesses. Cet homme ne se définit plus que par ses possessions et sa capacité à faire la fête. Le riche n’est plus sensible à la vie qui l’entoure, qui est là à sa porte, il n’est plus vraiment vivant, il est possédé, matérialisé. Ses invités, d’ailleurs, l’aime-t-il pour lui ou bien pour ses richesses ?

Dieu nous confie les uns aux autres, Il nous a placé dans le monde comme une unique famille humaine, liés les uns aux autres, nous sommes les gardiens de la vie des uns et des autres.

Il est bon de nous interroger nous-mêmes : qui est ce Lazare à notre porte aujourd’hui ? A qui puis-je porter secours ? A qui puis-je tendre la main ?

– Aux personnes âgées pour « vivre avec elles une libération, surtout de la solitude et de l’abandon… abattre les murs de l’indifférence dans lesquels les personnes âgées sont souvent enfermées… Face à cette situation, un changement d’attitude s’impose, qui témoigne d’une prise de responsabilité de la part de toute l’Église. Chaque paroisse, chaque association, chaque groupe ecclésial est appelé à devenir protagoniste d’une “révolution” de la gratitude et d’attention, à réaliser en rendant fréquemment visite aux personnes âgées, en créant pour elles et avec elles des réseaux de soutien et de prière, en tissant des relations qui puissent donner espoir et dignité à ceux qui se sentent oubliés. L’espérance chrétienne nous pousse toujours à oser davantage, à voir grand, à ne pas nous contenter du status quo. Dans le cas présent, à œuvrer pour un changement qui redonne aux personnes âgées estime et affection… [En cette année jubilaire] il a été décidé que les personnes qui ne pourront pas venir en pèlerinage à Rome cette année pourront « bénéficier de l’Indulgence jubilaire en visitant durant un temps suffisant […] les vieillards isolés accomplissant ainsi un pèlerinage auprès du Christ présent en eux ». Rendre visite à une personne âgée est une manière de rencontrer Jésus qui nous libère de l’indifférence et de la solitude. » Léon XIV

– A la femme enceinte et à l’enfant qu’elle porte. Les chiffres de 2024 font frémir : 251.000 enfants ont été empêchés de naître. Il n’y a pas plus pauvre que celui qui dépend complètement d’un autre, qui ne peut s’exprimer et qui se présente innocent avec pour seul bien sa vie fragile.

Ne pensons pas que les choses ne soient pas liées, nos vies sont liées les unes aux autres, nous sommes liées et alliées ou pas. Quand l’alliance des vies est rompue, plus aucune vie n’est à l’abri. La violence faite à la femme et à l’enfant à naître retentit sur toute la société. La vie d’un homme a toujours le même prix ou alors n’en a pas.

Ne nous laissons pas possédés, matérialisés. Dieu abaisse son regard sur chacun de ses enfants, sur chacun de nous. Il se livre Lui-même, pauvre, innocent, fragile en Jésus. Si nous Le reconnaissons maintenant présent, caché dans l’Hostie, reconnaissons-Le aussi caché, présent dans celui qui est à notre porte. Manifestons-Lui notre amour, visitons-Le, prenons soin de Lui. Jésus nous donne de pouvoir faire au pauvre ce que nous ne pouvons pas faire pour Lui directement, concrètement.

Abbé Pierre PEYRET

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