La perspective de Noël nous invite pendant le temps de l’avent à préparer la venue de Dieu dans nos vies, à accueillir le mystère du Dieu fait homme. Dieu n’en finit jamais de venir, Il nous cherche, nous désire. La venue de Dieu n’est pas telle une météorite : la météorite tombe, lourdement, et demeure là, inerte.
Dieu, Lui, veut établir avec nous une relation, un échange ; Il veut partager notre vie, donner sa vie.
Pourquoi Dieu s’est-il incarné ? Pour faire de nous des enfants de Dieu, à son image, faire alliance avec nous comme un père avec ses enfants.
Le roi Louis XV avait une fille, Louison, et, alors qu’elle avait quinze ans, comme c’était la fille du roi, elle avait une coiffeuse qui venait tous les jours. Sa coiffeuse avait le même âge qu’elle et était fille de paysan. Un jour alors qu’elle coiffait Louison elle tira un peu sur les cheveux et Louison poussa des petits gémissements pour se plaindre. La coiffeuse lui dit : « Madame, ne soyez pas si douillette ! » Louison se leva, indignée, et rétorqua « Mais je suis la fille du roi. » La coiffeuse, surprise, fit un pas en arrière et lui répondit : « Mais, Madame, je suis fille de Dieu. »
Cette jeune paysanne avait conscience de la dignité que Jésus lui avait rendue. Est-ce ce jour qui a tout changé pour Louison ? En effet, elle donnera plus tard sa vie à Dieu en devenant religieuse au Carmel de St Denis.
Nous aussi devons affirmer notre dignité d’enfant de Dieu. Nous l’affirmons en vivant comme des enfants bien-aimés de notre Père du Ciel, en faisant alliance avec Lui, en veillant à plaire à Dieu en toute chose, en veillant à ne rien laisser entrer dans notre vie qui ne plaise à Dieu. Là est la raison de l’incarnation : Jésus vient pour nous rendre notre beau visage d’enfant de Dieu, un visage dont il est l’unique modèle.
Comme saint Pierre le dit : « Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ. »
Nous revêtir de Jésus, c’est accomplir notre vocation de chrétiens, fils et fille de Dieu. C’est prendre l’habit de fête du chrétien, un habit de lumière.
Le temps de l’Avent est ce temps de veille sur notre vie : est-ce Jésus que nous attendons ? Est-ce Lui qui dirige notre vie dans ses moindres détails ? Est-ce Lui que nous prenons pour modèle ?
En s’incarnant, en se faisant fils de Marie, Dieu nous rejoint dans le concret de notre vie, au cœur de notre humanité. Il connaît tout de notre humanité, Il parcourt les étapes de notre croissance. Nous pouvons nous habiller de Jésus, nous revêtir de ses paroles, de ses vertus, de ses manières.
La venue de Dieu sur notre terre – Dieu a choisi le terrain, il a choisi de venir sur notre terrain, là où notre vie se déroule – nous rappelle que nous ne naissons pas enfants de Dieu, nous le devenons. Nous ne naissons pas chrétiens, nous le devenons ; nous ne naissons pas enfants de Dieu, nous le devenons et nous n’avons jamais fini de le devenir.
C’est pourquoi l’Avent revient cette année encore. Il conclura l’année du jubilé. Cette perspective peut nous donner un élan supplémentaire… le temps de l’Avent passe si vite ! un peu comme notre vie. Tout est entre nos mains et dépend de notre décision. Le jubilé nous a invités à nous tourner plein d’espérance vers le Seigneur qui vient. C’est le moment de L’accueillir et de tendre vers sa dernière venue.
Nous devons faire en sorte qu’il n’y ait pas de distance entre notre foi en Jésus et notre vie. C’est cette cohérence que Dieu attend de chacun, une cohérence qui est une correspondance : correspondre à la volonté de Dieu sur nous. Et, nous savons que cette volonté est la volonté d’un Père infiniment bon, qui nous aime, qui nous voit comme ses enfants bien-aimés.
Être enfant, c’est être en relation, et même en bonne relation. Le Fils unique de Dieu, en se faisant l’un de nous, vient rétablir cette bonne relation, il nous rétablit dans l’alliance que nos pères avaient rompue, mais que nous pouvons aussi rompre à notre tour malheureusement.
Quelles sont mes relations avec mon Père du Ciel ? Comment me comporté-je comme son enfant ? Les enfants ressemblent à leurs parents ; nous pouvons tous ressembler à notre Père du Ciel, nous devons même y tendre sans cesse. C’est pourquoi le temps de l’Avent revient chaque année comme un temps de pénitence, un temps pour se tourner davantage vers Dieu notre Père, pour accueillir tous les dons qu’Il veut nous faire. Jésus vient jusqu’à nous dans la Sainte Eucharistie, Il ne cesse de venir ! Allons jusqu’à Lui et par Lui devenons les enfants du même Père.